LES ETUDIANTES AUSSI

VERO

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Se faisant l'écho de ce mouvement,dans le milieu étudiant martiniquais , en Guadeloupe, il y avait Véronique Pame qui tressait pour " 7 francs ", c'était à Grand Camp en 1973.

La vedette de l'époque était incontestablement Françoise Raumel, la première téléspeakerine à avoir porté des tresses sur les antennes de la station d'état.

Peu après, la présence des Grands Ballets du Sénégal à la Martinique fut une source d'inspiration pour celles qui gravitaient autour de Véronique.
En effet, au-delà de leur prestation artistique, les danseuses jouèrent un rôle de vitrine esthétique, pour beaucoup de jeunes femmes martiniquaises de l'époque, dont c'était le premier contact avec l'Afrique .

C'est ainsi que Véronique , commença à créer des motifs, de façon empirique.
La réalisation de dessins variés rompait avec les tresses "classiques" du départ.

Des études d'anglais, Véronique passa à celles de l'esthétique.
Simultanément, elle se consacra à la coiffure, à Paris.
Les échanges avec les tresseuses de la diaspora africaine lui permirent de consolider sa technique. (1975 - 1982).

Après le départ de Véronique pour l'Hexagone, Jocelyne récupéra une bonne partie de sa clientèle qu'elle tressait à la Boutique Ashanti aux Terres-Sainville, puis au Parc Floral de Fort-de-France.

Une fois rentrée à la Martinique, Véronique ouvrait un salon, derrière le Parc Floral.
Là, elle ajoutait à son éventail d'autres types de créations, adaptées au rythme des femmes actives : les coiffures rapides où alternent des tresses de grosseurs différentes.

A l'heure actuelle, les jeunes, étudiantes, lycéennes et collégiennes aux cheveux crépus, acceptent volontiers de les garder naturels, le plus souvent tressés, avec des rajouts.

Pour elles, il s'agit "d'être branchées", comme les stars des clips, ou plus simplement de bénéficier du côté pratique :
ne pas avoir à refaire une coiffure chaque matin.

Une fois arrivées dans la vie active, elles adoptent, le plus souvent, le modèle dominant, "imposé" par la société, et se tournent donc vers le défrisage.

Dans tous les cas, il y a fort à parier que beaucoup d'entre-elles ignorent que, 30 ans plus tôt, la revalorisation et le développement des coiffures, à partir du cheveu crépu, naturel, ne se sont pas faits ......."naturellement" !

CERO 2

Photos : Véronique PAME 

Coiffures réalisées dans les années 70 par Véronique PAME

ci-contre Véronique porte une robe de Richol et Breleur (1975)